Impression 3D: une nouvelle forme de proximité pour le retail ?

Un palpitant article dans Influencia  (signé par Emmanuel Vivier) traduit l’impression 3D comme une formidable remise en cause du commerce et notamment du Retail , comme une forme de « naspterisation » du Retail qui s’annonce, vu qu’il s’agit ni plus ni moins que de téléporter des produits physiques  comme de simple MP3 ( « en gros », transcoder de la matière en octets , les transmettre, voire les viraliser au travers de l’internet, et retranscoder ces octets en matière)…

Miser plutôt sur la délégation de l’impression 3D ?

Je partage cette approche (j’adore l’analogie avec la téléportation)  en même temps que je vois là une réelle opportunité pour la Distribution  à surfer sur cette vague annoncée. Du moins tant que les imprimantes 3D ne seront pas suffisamment à la portée de toutes les bourses et tant que tout un chacun préférera déléguer cette impression 3D (par manque de temps, pour des raisons de maintenance,  de coûts, etc…). Dans ces conditions, créer et/ou commander un produit 3D en ligne entraînera le plus souvent une livraison à domicile (un produit physique ca a un poids, donc un frais de port) . Ce qui étend donc de quelques heures, voire de quelques jours, le temps de la dite « téléportation ». Ce qui parait très probable…

Cela  ne vient pas tempérer l’enthousiasme autour de l’impression 3D, parce que je le crois ailleurs.

 Drive de services d’impression 3D,  à l’échelle du cabas ou du caddy

J’imagine en effet très bien une enseigne tester un drive d’un nouveau genre, plus convivial, à l’échelle du maker en cabas ou en caddie.

  • > muter une partie de sa surface en drive d’impression 3D  sorte de hub de services, en mode self-service ou accompagné,
  • >voire même, enrichir son service SAV sur certains produits qu’elle vend,
  • >avec en sus, des services premium comme la personnalisation ou l’abonnement à des alertes de mise à jour des dits objets, troquer le photomaton classique en photomaton 3D ( ca, c’est le produit service d’appel), exemple au Japon ou… en France avec Digiteyezer .

Et en parallèle à ce drive d’impression 3D, cette enseigne pourrait repartir à la conquête de la proximité urbaine en s’essaimant dans les carrefours d’audience et de zones de transit (waiting marketing) comme les gares, les tiers lieux et réinvestir l’écosystème des commerces de proximité.

Par contre, la révolution du « 3d-commerce » est clairement une menace pour les petits commerçants déjà bien amochés par… le Retail… et demain par les makers de Chris Anderson: le créatif (et marchand) qui sommeille en chacun de nous deviendra son manufacturier à la maison. Cette révolution  industrielle annonce de nouveaux types de produit, qui n’existent pas encore, fabriqués par les gens eux-même dans une démarche de Do It Yourself  (DIY)… mais comme évoqué en introduction de ce billet, je mise davantage sur la délégation de l’impression 3D.

Un nouveau service de proximité : les imprimantes 3D servicielles

Une tendance à prendre avec des pincettes, car on ne sait précisément encore quels seront les produits existants qui seront directement impactés par le « 3d-commerce » (bricolage, petite pièces de rechange d’appareil ménager et de jouets, foods, santé , bijoux, vêtements,…) . Surtout, on ne connait pas encore tous les types d’usage et services associés exploitant l’impression 3D. Et on s’étonnera bientôt de voir pousser de nouveaux genres d’imprimantes 3D servicielles, tel que le photomaton 3D  dans sa rue ou posté en face des caisses du supermarché.

Cette idée de service de proximité autour de l’impression 3D devrait faire son chemin: c’est peut-être là aussi, un enjeu pour les enseignes ou les marques, désirant capter cette clientèle early adopters en leur proposant la mise à disposition de la technologie et le conseil associé; voire même, pour les plus « makers » d’entre eux,  leur proposer de venir animer ce stand d’un genre nouveau. Une sorte de fablab sponsorisée par un SuperU ou un Leclerc au sein du supermarché…ou dans le popup store de la gare…A moins qu’un pure player de « l’économie 3D  » aille beaucoup plus vite et plus fort (ou tout simplement, devienne le partenaire idéal ?)

Ce faisant, ce serait une manière d’amener la clientèle plus réservée à adopter ces nouveaux usages et services. Et donc à terme, jouer sur la préférence pour telle enseigne avec sa nouvelle proposition de valeur servicielle  et de proximité autour de l’impression 3D.

Innover dans les nouvelles formes de proximité, voila le véritable enjeux pour  le Retail dans le monde qui se digitalise.

Et petite remarque LOL pour finir : la culture DIY,  geek de surcroît, dans un supermarché, ce n’est pas demain la veille, c’est un autre modèle culturel…à moins d’envisager une « Naturalia-sation »,  une « geekerisation », une « faberlabisation » du supermarché.Décidément, avec l’Economie 3D + l’Economie collaborative, pfft, les retailers ont de quoi plancher sur leur vision de demain (<< si , si cliquez sur ce lien ;))

ps: on parle ici de Retail puisque « l’attaque » était lancée contre lui, mais des idées sont à prendre pour tous ces autres opérateurs en quête de proximité avec les gens : activités touristiques, culturelles, la santé, les télécoms, les transports,  les banques…

 

 

This entry was posted in analyse, révélateur and tagged , , , , , , , , . Bookmark the permalink.